09 avril 2018

La France a aussi le potentiel pour un déploiement à l’échelle de l’hydrogène

A l’occasion des des journées européennes de l’hydrogène “HyVolution 2018”, l’AFHYPAC a présenté une étude qui ouvre des perspectives  l’horizon 2050.

A l’heure où la France revoit sa politique énergétique dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie, avec peut-être une annonce d’ici quelques semaines concernant une feuille de route pour la filière hydrogène, une étude prospective vient étayer tout le potentiel économique et environnemental de ce vecteur d’énergie. Il s’agit en fait d’une déclinaison de la célèbre étude de McKinsey “Hydrogen, scaling up”. Elle a été adaptée à la France, en se basant sur les Accords de Paris en matière de CO2 et la volonté affichée par le gouvernement de mettre fin à la vente aux motorisations thermiques en 2040.

Les partenaires de l’étude en question sont Air Liquide, Alstom, EDF, Engie, Hyundai, Faurecia, Michelin, Plastic Omnium, SNCF, Total, Toyota, avec le concours de l’AFHYPAC et du CEA.

En 2050, l’hydrogène pourrait ainsi représenter 20 % de la demande d’énergie en France. Ce vecteur d’énergie pourrait être utilisé pour décarboner les usages finaux  dans plusieurs secteurs (industrie, transports, bâtiment) et en accompagnant le développement des énergies renouvelables. Les perspectives sont importantes dans la mobilité, quand on sait que l’hydrogène pourrait alimenter 18 % du parc de véhicules (voitures, utilitaires, bus, camions). L’impact ne sera pas neutre sur la pollution locale, quoi baisserait ainsi de 15 %. Il est encore plus spectaculaire au niveau des émissions de gaz à effet de serre, avec une réduction potentielle de 55 millions de tonnes pour le CO2. Soit près d’un tiers de la réduction nécessaire par rapport au scénario de référence (augmentation de températures sous la barre des deux degrés).

A cet horizon, la filière de l’hydrogène pourrait représenter un chiffre d’affaires de 40 milliards d’euros et plus de 150 000 emplois. Mais, pour réaliser cette vision 2050, la France doit changer d’échelle et réaliser les investissements conséquents. L’étude évaluer l’investissement global à 8 Md€ d’ici 2028 dans les équipements, l’infrastructure, la mise à l’échelle des moyens de production et la R&D si l’on veut réduire rapidement les coûts des technologies hydrogène.

« Le recours accru aux énergies renouvelables est une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais leur développement est encore limité par leur intermittence », rappelle Pascal Pewinski, directeur général d’Areva H2Gen. Il propose donc de stocker sous forme d’hydrogène les surplus de production quand ils surviennent, les jours de beau temps comme de grand vent, lorsque l’énergie n’est pas immédiatement consommée par le réseau. « L’électrolyse de l’eau est une technologie décarbonée qui stocke l’électricité sous forme d’hydrogène en ne rejetant que de l’oxygène », poursuit le dirigeant. « De plus, lorsque la source électrique provient d’une énergie renouvelable, la production d’hydrogène par électrolyse est alors totalement neutre en émissions de C02 », souligne-t-il

C’est ce qu’on appelle l’hydrogène « vert ».

Pour Areva H2Gen, l’électrolyse avec la technologie PEM (Proton Exchange Membrane) est à ce jour la « seule capable de répondre avec la rapidité et la flexibilité nécessaires » aux importantes variations de puissance liées à l’intermittence des sources renouvelables.  La start-up estime que cette solution est à même de garantir l’équilibrage des réseaux, face à l’augmentation de l’intégration des énergies renouvelables. Les besoins se font déjà sentir, puisqu’en 2017, l’Allemagne n’a pas pu injecter dans son réseau électrique 2 TWh d’énergie produite par les EnR. La même année, révèle Areva H2Gen, la Chine a perdu 100 TWh d’énergies renouvelables, qui ont été récoltés mais perdus par manque de solutions de stockage. Ce pays, qui arrive déjà à intégrer les EnR à hauteur de 15 % dans son mix énergétique, pourrait donc faire beaucoup mieux en jouant la carte de l’hydrogène.

Autant de raisons qui incitent Areva H2Gen à mettre en avant l’électrolyse PEM et le stockage sous forme d’hydrogène, pour assurer une mobilité plus propre et décarboner certains processus industriels.

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